La famille de Tournon

La grande famille de Tournon compte deux branches :
·La branche directe possédait la seigneurie de Desaignes. Elle a joué un rôle important dans l’histoire de la France et dans celle de la ville de Tournon, toute proche.
La généalogie de la famille publiée dans l’ouvrage de Juliette Thiébault, “La fin des Tournon et de la baronnie”, remonte à Gilbert de Tournon (1ère croisade de 1096).
Le plus illustre membre de cette famille est certainement le Cardinal François de Tournon, 1489-1562) ministre de François 1er, fondateur de l’actuel lycée de Tournon. François était le fils de Jacques II de Tournon et de son épouse Jeanne de Polignac (mariage en 1466).

“François de Tournon a été un grand homme d’Etat à côté d’un roi ébloussant”
(Alice Saunier-Seité, le Cardinal de Tournon,
éd. deux mondes)

La famille s’est éteinte à la mort de Just-Louis II, tué le 24 août 1644 au siège de Philippsbourg.
La grande famille de Tournon compte deux branches :
·La branche directe possédait la seigneurie de Desaignes. Elle a joué un rôle important dans l’histoire de la France et dans celle de la ville de Tournon, toute proche.
La généalogie de la famille publiée dans l’ouvrage de Juliette Thiébault, “La fin des Tournon et de la baronnie”, remonte à Gilbert de Tournon (1ère croisade de 1096).

Le plus illustre membre de cette famille est certainement le Cardinal François de Tournon, 1489-1562) ministre de François 1er, fondateur de l’actuel lycée de Tournon. François était le fils de Jacques II de Tournon et de son épouse Jeanne de Polignac (mariage en 1466).

“François de Tournon a été un grand homme d’Etat à côté d’un roi ébloussant”
La famille s’est éteinte à la mort de Just-Louis II, tué le 24 août 1644 au siège de Philippsbourg
· La seconde branche de la famille est celle des Tournon de Meyres.
Jacques II de Tournon, le père du Cardinal, avait eu, avec Antoinette de St Priest, avant son mariage avec Jeanne de Polignac,
un fils naturel légitimé en 1498, Alexandre.
Alexandre épousa le 13 mai 1494, Marguerite de Meyres, fille ainée de la famille de Meyres, propriétaire depuis 1423 du château de Desaignes donnant naissance à la branche des "Tournon de Meyres".
Jacques de Tournon donna à son fils 2000 livres par contrat rédigé par maître Broé, notaire à Desaignes.
President Robert Garber
Camille de Tournon
Préfet de Romee
Parmi les descendants, Gaspard de Tournon de Meyres, s’installa probablement à Belair, toujours dans la vallée du Doux, à 3 km en amont de Desaignes .
Jean de Tournon de Meyres, écuyer, épousa Isabelle du Verger, (fille d’Antoine du Verger, damoiseau) qui lui apporta tous les biens de sa maison. La famille s'installa dans le domaine du Vergier;
 
 
Le Verger (actuellement nommé Vergier) ne devait être à l’origine qu’une maison forte, probablement construite pour commander le pont du Buisson où la très ancienne voie nord-sud du Vivarais franchissait le Doux.
C’est ce pont, initialement en bois, puis construit en pierre au milieu du XVIIIème siècle, que nous pouvons admirer aujourd’hui.

En 1630, la famille de Tournon de Meyres habite au Verger.
François-Christophe de Tournon de Meyres, baron de Lamastre, arrière petit fils de Gaspard, épousa le 6 décembre 1630, avec dispense du pape pour lien de parenté, Geneviève-Louise de Chanaleilles, fille de François, baron de Retourtour, et d’Anne de Meyres du Verger.
Le couple s’installe alors au château du Verger, qu’il réaménage.
 
Le livre de raison de François donne d’intéressantes informations sur la vie d’un gentilhomme : Il engage une cuisinière en 1631, commanda des compositions décoratives à deux peintres flamands en 1636, recomposa sa verrerie en 1637 et fit refaire toute son argenterie en 1641.

Il avait fait construire en 1636 la petite chapelle de la Croix du Verger, à côté du château.

Son fils, Jean-Antoine épouse en seconde noces, en 1691, Marie Louise de Simiane.

En 1746, Anne de Simiane-Montcha, soeur de Marie-Louise, fait de son neveu Jacques, à l’occasion de son mariage avec Marie de Chastan, son héritier à la condition expresse qu’il porte le nom de Simiane conjointement au sien.

Le nom de la famille devint “de Tournon-Simiane”.

L’arrière petite fille de Jacques et Marie épousera à la fin du 19ème siècle le Comte Jean de Chabannes La Pallice, famille qui conservera le château du Vergier jusqu’en 1994.

Le nom “Tournon” s’était éteint. Un jugement récent autorisa la famille à le reprendre.

Les descendants d'Alexandre et Marguerite (mariés en 1494) portent le nom “de Chabanne la Pallice de Tournon”
 
Un “Tournon” préfet de la Rome napoléonnienne, 1809-1814


Camille de Tournon Simiane (1778-1833), a géré le domaine du Vergier pendant une dizaine d’années.

Il est proche des hommes de la terre.
Mais il étudie aussi le latin, l’art militaire, les mathématiques, le droit public et lit énormément, “8 heures par jour “dit-il, en plus de ses occupations agraires.
Il peint et dessine aussi car il adore la nature et les monuments.
Bref, il est pleinement heureux et efficace dans sa vie de gentilhomme-campagnard.

On lui doit de nombreux croquis sur la région, notamment sur le monument dit Temple de Diane, à Desaignes.

En mai 1803, il “monte à Paris”.

Remarqué par le ministre Chaptal, il devient en février 1806, auditeur au Conseil d’Etat auquel son travail sur le code rural était destiné.
C’est donc son expérience de gestionnaire de domaines agricoles qui lui a permis d’accéder à la haute administration.

En novembre 1806, il est nommé “Intendant à Bayreuth” en Prusse.

Napoléon le nomme Préfet de Rome le 7 septembre 1810.

Camille l’apprend à sa mère : “...Sa Majesté vient de me nommer Préfet,... devinez, je vous le donne en cent : Préfet de Rome et du Tibre...cette préfecture est à coup sûr une des plus belles possibles...”.

Il y restera quatre années, dans cette ville conquise et occupée par les armées françaises, et dans laquelle, dit-il “une administration étrangère donna le rare spectacle d’une conquête traitée à l’égal de la patrie elle-même”.

Dans ce poste aussi prestigieux que difficile, Camille de Tournon, en administrateur moderne et inspiré, a su travailler pour la ville éternelle en concevant un programme d’embellissement et d’assainissement approuvé par Napoléon en 1811.
Sous les yeux du monde entier et des Romains étonnés, l’administration française ouvre des chantiers et les colonnes des temples et édifices antiques enfouis depuis des siècles surgissent à nouveau du sol, les marais pontins sont asséchés.

Certes la plupart de ces grands travaux ne seront terminés que bien après la période napoléonnienne, mais l’impulsion était donnée et l’essentiel projeté par Tournon sera réalisé.

Fidèle serviteur de l’Etat, Camille de Tournon se rallia aux Bourbons en 1815. Louis XVIII le nomma Préfet de Bordeaux le 9 juillet 1815, de Lyon le 10 janvier 1822, Pair de France le 24 décembre 1823