L'origine du nom :
 
Il existe plusieurs explications :
- Les Grecs ont donné le nom de Azania à notre village, par déformation on peut arriver à Desaignes
- Le temple construit par les Romains, après la victoire de Fabius Maximus en 121 av notre ère aurait été dédié à Diane.
Diane se prononçait Déiana. On en fit Désania puis Dejany lorsque dans notre langue les I devinrent des J. (explication
donnée par le linguiste Court de Gébelin 1725-1784). Or, en occitan Dejany se prononce Dézagne.
- L'historien Delichère croit que le nom de Desaignes vient de la rivière du Doux. Ici, la rivière change de direction pour
couler vers le levant et se jeter dans le Rhône. Primitivement, ce lieu était appelé Doux Gen. Le mot Gen signifiant coude,
courbure, d'où Doux Gen, le coude du Doux.
 
- Il y a une explication plus simple : Sagnes ou saignes en vieux français, comme saignia en bas latin, veut dire ravines,
marais, lieux humides. Or, autrefois, le confluent du Doux et du Syalles était marécageux. Pourquoi pas alors Doux
saigne, Deusaigne, ect... et Desaignes ?
 
Il était une fois...
Une piste ligure partant du Rhône et longeant la rivière Doux reliait Tournon à Desaignes puis par St Agrève rejoignait le Velay.
On lira sur ce passé incertain l’excellent ouvrage “le Vieux Desaignes “ de Charles du Besset (1).

Au rocher du sorcier
une cupule reste pleine
d'eau en toute saison

Lieu druidique ?

Les conquérants romains transformèrent cette piste en voie romaine. Ainsi les armées de César ont peut-être traversé Desaignes. En effet, voulant surprendre les Arvernes “il se rendit chez les helviens (du Vivarais) ..les soldats écartèrent la neige haute de 6 pieds (soit 1,80 m) et lui ouvrirent des chemins pour entrer chez les arvernes” (2)

Desaignes, une ville fortifiée au Moyen Age

Desaignes est une ville importante en Vivarais, close de remparts percés de 4 portes dont 3 toujours en place, la quatrième ayant été détruite en 1841 pour contruire la route qui contourne le bourg.

- Fin 14 ème siècle (guerre de 100 ans 1346-1452) les remparts avaient 3 pieds d’épaisseur, soit 0,972 mètres, et 30 pieds de hauteurs, soit presque 10 mètres. Ils étaient surmontés de 7 tours, dont 2 subsistent actuellement.

-En 1550, Desaignes était l’une de 27 villes closes du Vivarais, c’est à dire une ville entourée de remparts percés de 4 portes que l’on fermait.

- Aujourd'hui, le centre ancien, resté à l’écart de la circulation moderne, a conservé son aspect médiéval avec ses rues étroites, ses portes surmontées d’accolades, ses places paisibles...et le charme des lieux qui ont gardé une âme.



Les remparts existent encore en partie. Leur tracé est toujours visible car les maisons ont été construites sur leur emplacement et avec leurs pierres.

Désaignes une ville importante : 384 feux en 1637

Le compoix de la communauté établit en 1637 recense 384 feux.
En 1686 la liste des chefs de famille contient 386 noms. (cf Desaignes pages d’histoire de Paul Bouit (3))


“Un feu” n’est pas une unité de mesure précise ! Il rassemblait souvent plusieurs générations.
Faut-il multiplier par 5 ou 6 le nombre de feux pour connaître le nombre d’habitants ?

Noble Tournon de Meyres, le chatelain de Desaignes, est plus précis en estimant, en 1750, la population de la paroisse à 4000 âmes, une vaste paroisse alors que la ville ne compte que 130 maisons.(3)

Le cahier de doléances de 1789

Le cahier de doléances de 1789 donne une indication intéressante sur les préoccupations des Desagnois (près de 4000 habitants) qui proposent à Louis XVI de réformer l’administration, le commerce, les impôts, l’accès aux fonctions administratives et militaires, la justice, la gestion du bien public.
Il s’agit bien des préoccupations d’une ville où résidaient les commerçants, les artisans, les hommes de loi, les administratifs.

C’est aussi le centre d’une région agricole assez riche avec des propriétaires fonciers souhaitant que le Royaume soit géré comme leur domaine.
Ce cahier de doléances est visible au musée.

.
Que font-ils ces Désagnois ? Des politiques (maire, conseillers...), 3 notaires, 2 hommes de loi, 1 géomètre, 2 officiers de santé, des instituteurs et des fonctionnaires, 28 commerçants, 73 artisans (armuriers, boulanger, meuniers, maréchaux, charpentiers, sabotiers, cordonniers, maçons, tailleurs, teinturiers, cardeurs, drapier, faiseurs d’étoffes et de toile, fouleuses, peigneur de laine et de chanvre, et 17 tisserands.

3508 habitants en 1876

La population de la commune est, par contre, parfaitement connue au XVIIIème siècle.

Ainsi, lorsque la 3ème République chargea les communes de scolariser tous les enfants, on dénombra à Desaignes 3508 habitants comprenant 700 enfants d’âge scolaire, dont la moitié n’était pas scolarisée.
On construira à Desaignes-ville 2 écoles pour 350 écoliers, garçons et filles séparés, et 7 écoles de hameaux de 50 écoliers chacune pour les 350 enfants vivants dans la campagne.

L'une des 7 écoles de hameau, celle de Beaume,
sur la vieille route de Desaignes à St Agrève par
la vallée du Douzet, une école en campagne
destinée aux enfants de plusieurs hameaux.
Elle a été ouverte le 30-04-1890 pour 60
écoliers, fermée en 1953 faute d'élèves.


On apprendra beaucoup de choses sur cette période en allant voir, au Musée municipal, l’histoire des écoles

Desaignes, une ville importante

384 feux en 1637

Le compoix de la communauté établit en 1637 recense 384 feux.
En 1686 la liste des chefs de famille contient 386 noms. (cf Desaignes pages d’histoire de Paul Bouit (3))


“Un feu” n’est pas une unité de mesure précise ! Il rassemblait souvent plusieurs générations.
Faut-il multiplier par 5 ou 6 le nombre de feux pour connaître le nombre d’habitants ?

Noble Tournon de Meyres, le chatelain de Desaignes, est plus précis en estimant, en 1750, la population de la paroisse à 4000 âmes, une vaste paroisse alors que la ville ne compte que 130 maisons.(3)

Le cahier de doléances de 1789

Le cahier de doléances de 1789 donne une indication intéressante sur les préoccupations des Desagnois (près de 4000 habitants) qui proposent à Louis XVI de réformer l’administration, le commerce, les impôts, l’accès aux fonctions administratives et militaires, la justice, la gestion du bien public.
Il s’agit bien des préoccupations d’une ville où résidaient les commerçants, les artisans, les hommes de loi, les administratifs.

C’est aussi le centre d’une région agricole assez riche avec des propriétaires fonciers souhaitant que le Royaume soit géré comme leur domaine.
Ce cahier de doléances est visible au musée.

Le "cayer" de doléances de la ville de
Desaignes a été signé par 67 chefs de
famille. C'est un document de 19 pages
manuscrites qui commence ainsi :
"Les membres de cette communauté
pénétrés deja juste reconnaissance
qu'ils doivent à leur souverain.......se
feront un devoir de porter au pied du
trône ses équitables et respectueuses
réclamations" .



Que font-ils ces Désagnois ? Des politiques (maire, conseillers...), 3 notaires, 2 hommes de loi, 1 géomètre, 2 officiers de santé, des instituteurs et des fonctionnaires, 28 commerçants, 73 artisans (armuriers, boulanger, meuniers, maréchaux, charpentiers, sabotiers, cordonniers, maçons, tailleurs, teinturiers, cardeurs, drapier, faiseurs d’étoffes et de toile, fouleuses, peigneur de laine et de chanvre, et 17 tisserands.

3508 habitants en 1876

La population de la commune est, par contre, parfaitement connue au XVIIIème siècle.

Ainsi, lorsque la 3ème République chargea les communes de scolariser tous les enfants, on dénombra à Desaignes 3508 habitants comprenant 700 enfants d’âge scolaire, dont la moitié n’était pas scolarisée.
On construira à Desaignes-ville 2 écoles pour 350 écoliers, garçons et filles séparés, et 7 écoles de hameaux de 50 écoliers chacune pour les 350 enfants vivants dans la campagne.

L'une des 7 écoles de hameau, celle de Beaume,
sur la vieille route de Desaignes à St Agrève par
la vallée du Douzet, une école en campagne
destinée aux enfants de plusieurs hameaux.
Elle a été ouverte le 30-04-1890 pour 60
écoliers, fermée en 1953 faute d'élèves.


On apprendra beaucoup de choses sur cette période en allant voir, au Musée municipal, l’histoire des écoles.